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Communiqués

Dépôt du mémoire sur la société Radio-Canada devant le comité permanent de Patrimoine canadien de la Chambre des Communes le 12 mars.


Mémoire présenté au Comité permanent du Patrimoine Canadien de la Chambre des communes ‘’ Le Nord a besoin d’une présence visible et tangible de la société d’État pour soutenir son développement global ‘’ Objet : Une enquête sur le rôle d’un diffuseur public au XXIe siècle. Déposé par La Fédération franco-ténoise au nom du réseau associatif des francophones des Territoires du Nord-Ouest À Yellowknife 12 mars 2007 Mise en contexte Nos commentaires prennent en compte la Loi sur la radiodiffusion de 1991 et le mandat général de la CBC/Radio-Canada comme radiodiffuseur public national. En effet, l’alinéa 3(1)m) de ladite Loi énonce de la façon suivante ce mandat général : nous retenons en particulier les alinéas (ii), (iii), (iv), (vii) et nous citons : " refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu’au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions". "contribuer activement à l’expression culturelle et à l’échange des diverses formes qu’elle peut prendre". " être offerte en français et en anglais, de manière à refléter la situation et les besoins particuliers des deux collectivités de langue officielle, y compris ceux des minorités de l’une ou l’autre langue". "être offerte partout au Canada de la manière la plus adéquate et efficace, au fur et à mesure de la disponibilité des moyens". Nos commentaires assument de surcroît le fait que la Société Radio-Canada (SRC) est assujettie aux articles 41 et 42 de la Loi sur les langues officielles. Ainsi, sous la partie VII de ladite Loi, la SRC est tenue de mettre en œuvre des mesures positives pour favoriser l’épanouissement des minorités francophones du Canada et pour appuyer leur développement. Nous reconnaissons de ce fait la responsabilité de la société d’État à l’obligation de résultats dans son projet de promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais et de favoriser la progression vers l’égalité de statut et d’usages. Un commentaire relatif au mandat : notre communauté appuie le texte de loi qui définit le mandat mais souligne la nécessité que les moyens soient donc mis en œuvre afin de permettre à Radio-Canada de s’acquitter pleinement de son rôle à la grandeur du pays. Préambule La Fédération franco-ténoise et les composantes de son réseau associatif apprécient l’invitation à participer à l’enquête nationale sur le rôle de notre diffuseur public. La Fédération tient à souligner au comité les défis importants que les très courts délais de préavis à cette audition ont occasionnés. Cette situation aura amené des impacts importants sur notre possibilité de procéder à une analyse que nous aurions aimé en profondeur de cet important dossier. Elle aura limité également nos possibilités d’illustrer avec pertinence certains exemples concrets d’impacts des limites de services sur nos communautés. Nos commentaires s’incarnent bien sûr dans un contexte socio-économico-démographique très particulier de la réalité des Territoires du Nord-Ouest. Un territoire jeune, dans un statut de dépendance à l’endroit du fédéral, en croissance économique vigoureuse, avec une population en mouvance de façon très importante et dont le rapport entre une diversité de populations autochtones et non autochtones atteint le point d’équilibre. Ces réalités imposent des défis très particuliers pour favoriser la rétention de nos francophones et francophiles chez-nous et allonger de plus en plus la durée de leur séjour. Il en est de même pour le support requis au soutien du développement de notre jeunesse sous tous les plans, dont son accès aux services en général et ceux de la radio et de la télévision en particulier. Quelques observations générales Nos communautés de Fort Smith, Hay River et Inuvik sont privées du signal de Radio-Canada. La capitale Yellowknife reçoit le signal de Montréal tant pour le volet radio que télévision. Il est très rare qu’il soit question de nous sur les ondes, de nos réalités, de nos préoccupations. Il ne nous est pratiquement jamais possible d’exprimer nos valeurs, nos opinions, nos idées et de mettre en valeur nos talents créateurs présents dans chacune de nos communautés. Nos citoyens francophones et nos communautés n’ont aucune occasion d’être reconnus à travers les stations régionales de la SRC. Nos citoyens francophones n’ont aucun accès à des contenus radiophoniques et télévisuels locaux dans leur langue. Nos citoyens francophones ne bénéficient aucunement d’un outil d’échange avec leurs collègues de la minorité linguistique des autres provinces canadiennes. Nos citoyens francophones n’ont pas l’occasion de contribuer à la diffusion d’évènements culturels qui donneraient une valeur ajoutée au dynamisme de la francophonie autant québécoise que canadienne. Les francophones minoritaires des autres provinces canadiennes sont peu mis à contribution en proportion de la place qu’occupe le Québec, et particulièrement Montréal, dans les contenus d’émissions, presque toutes émissions confondues. Nos citoyens francophones témoignent tantôt de qualité douteuse de réception et tantôt de coûts associés à cette réception. Ils notent également qu’il n’est jamais signalé ‘’deux heures plus tôt aux TNO’’ sur les ondes à l’instar d’une heure plus tôt dans les maritimes. À propos du mandat public de Radio-Canada La prolifération de nouveaux médias avec une prédominance états-unienne fait en sorte que nos médias canadiens occupent moins d’espace d’écoute. Si notre service d’État prenait les moyens positifs de refléter les diverses réalités des minorités linguistiques au pays, si nos gens se reconnaissaient et étaient reconnus dans des représentations des diversités régionales, cela favoriserait sans doute leur sentiment d’appartenance et donc leur attachement à notre coin de pays. En d’autres termes, cela permettrait à la Société d’État de mieux "contribuer au partage d’une conscience et d’une identité nationales". Nous avons souvent le sentiment que la programmation de la radio et de la télévision concentre la production à Montréal réduisant l’espace de notre région et de nos régions canadiennes qui offriraient une diversité enrichissante. Il en va ainsi tant du secteur de l’information que de celui des émissions de variétés. Il est sans doute inévitable que si les autorités gouvernementales laissent libre cours aux impératifs commerciaux liés à la rentabilité des diffuseurs, la réalité des régions ne sera pas souvent au programme puisque nos minorités ne feront jamais le poids pour la cote d’écoute. La représentativité régionale est de ce fait de plus en plus réduite si notre service d’état doit concurrencer le libre marché. Le commerce de la programmation condamne, en quelque sorte, les plus petits à l’oubli. Il faudrait sans doute évaluer l’évolution de RDI face aux autres réseaux de nouvelles en continu pour apprécier l’impact dans le temps sur les émissions régionales. Les réalités ci-haut décrites influencent et accentuent les difficultés des canadiennes et canadiens d’appréhender les réalités des francophones en milieu minoritaire et privent nos citoyennes et citoyens d’un potentiel de solidarité accrue au sein de la francophonie canadienne. Le Canada français ne se limite pas au Québec. L’article (vi) du mandat général du radiodiffuseur public national stipule qu’il doit : ‘’ contribuer au partage d’une conscience et d’une identité nationales’’. Nos concitoyens témoignent de leur déception de ne pas disposer d’un réseau spécifique pour être témoins des nouvelles de leur région plus souvent. Une petite communauté comme Hay River est contrainte d’assumer des frais pour recevoir le service. Fort nous est de constater que cette mesure n’est pas égale à la réalité de la majorité linguistique et contrevient au mandat (vii) ‘’ d’être offerte partout au Canada de la manière la plus adéquate et efficace…’’ À propos des services offerts par CBC/Radio-Canada Relativement à notre station régionale, nous signalons l’importance du lien que nous aimerions retrouver avec l’information locale en français. Radio-Canada est le seul médium apte à jouer un rôle clé pour aller chercher des contenus radiophoniques locaux en français. Par ailleurs, nous appuyons la demande de l’Alliance des radios communautaires du Canada de créer un fonds canadien de la radio communautaire pour maintenir la viabilité de nos radios communautaires. Ces institutions de nos communautés comptent sur un bénévolat intensif pour maintenir le seul service de radio francophone offrant une partie de programmation locale en français. Une analyse des contenus d’émissions telles le Téléjournal/Le point, Enjeux et autres pourrait démontrer le peu d’espace alloué aux actualités des communautés francophones, le peu d’espace également offert aux personnalités francophones qui oeuvrent dans les domaines culturel, social, politique en contexte rural ou minoritaire. Les productions francophones réalisées hors Québec sont en nombre trop limité. Dans une perspective d’avenir, l’importance des nouvelles technologies de communication à portée de main de nos jeunes particulièrement nous amène à proposer à notre service d’État d’être actif dans la mise en place d’une offre de service adaptée aux lieux de rendez-vous de nos jeunes avec les communications. Ainsi, la flexibilité des médiums utilisés, une gamme de produits dynamiques, pourra favoriser une participation accrue de notre jeunesse à une diversité de forums interactifs. En synthèse Nous exprimons l’avis que Radio-Canada doit travailler sans cesse à refléter la réalité des canadiens tant majoritaires que minoritaires, doit œuvrer à puiser dans la richesse de nos diversités, et comme le dit la Loi, Radio-Canada doit "être offerte partout au Canada de la manière la plus adéquate et efficace". Radio-Canada porte la responsabilité de rendre compte de notre diversité régionale et des diversités régionales des minorités linguistiques de langues officielles canadiennes. Nos minorités ont la capacité et la volonté de contribuer à la vitalité culturelle au pays. En raison des enjeux associés au libre commerce dans ce domaine de communication publique, en raison du trop petit nombre dans la majorité des communautés francophones hors Québec, en raison de l’obligation et du grand intérêt de rendre compte de la diversité régionale au pays, nous demandons au Parlement d’accorder des crédits suffisants pour rendre la réalisation du mandat public possible. En raison des toujours faibles cote d’écoute des régions, en raison de l’offre de service locale de nos radios communautaires, de leur dynamisme et de leur riche potentiel, nous demandons la création d’un fonds canadien de la radio communautaire pour soutenir et développer les services radiophoniques locaux en français. Nous invitons notre société d’État à s’investir et s’ingénier pour favoriser la croissance de l’écoute chez les jeunes par des moyens modernes interactifs. Finalement, nous sommes d’avis qu’il est urgent de remplacer la logique commerciale par la volonté politique de protéger notre souveraineté culturelle canadienne. N.B. Ce document a été validé par le réseau associatif franco-ténois.

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La Fédération Franco-Ténoise (FFT)
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Téléc. : (867) 873-2158
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